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Into the Night : un vol avec turbulences

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Into the Night nous rapporte l’aventure d’un avion, qui part de Bruxelles à destination de Moscou, mais qui doit tourner autour de la Terre afin d’éviter la lumière du soleil, devenue meurtrière du fait d’un phénomène inconnu.

 

Les investissements de Netflix dans le cinéma européen perdurent et donnent des résultats plus ou moins joyeux. Le dernier né de cette politique de production est la série belge Into the Night. On est, à première vue, surpris par le fait que cette série soit en français au vu du titre : j’admets avoir moi-même cherché à mettre la série en version originale sous-titrée avant de me rendre compte de mon erreur. Cette série, mis à part son titre, est également très anglicisée et adaptée à une diffusion internationale. En effet, la série reprend tous les codes classiques des séries américaines : des épisodes courts, entre 30 et 40 minutes, où le rythme est maintenu par une révélation à chaque fin d’épisode. Ces multiples rebondissements sont très addictifs et pousseront tout spectateur peu pressé à binge watcher l’intégralité des 6 épisodes de la série. Il faut bien avouer que la série est bien faite et intéressante à plusieurs égards.

 

Tout d’abord elle manie bien le suspense et elle joue bien entre la dimension oppressante du huis-clos et la fascination, entre attrait et peur, du dehors. L’intérieur de l’avion reproduit une nouvelle société où se développent des rapports de force en fonction des aptitudes et de l’histoire de chacun. Ainsi, dès le début de la série, une ancienne militaire devient copilote de l’avion et doit peu à peu s’imposer afin de suppléer au pilote, sans cesse en train diriger l’avion. Jeunes et personnes âgées se côtoient et ce n’est pas sans heurt que cette micro-société se développe et se reconstruit. Il apparaît bientôt que certains personnages mènent des objectifs divers et ne sont pas ce qu’ils semblaient être. On regrettera un peu les personnages assez stéréotypés mais la série étant relativement courte par rapport au nombre de protagonistes présents, on ne se lasse pas. Le dernier point point positif de cette série est d’aborder la thématique de la relation entre l’homme et son écosystème, relation cruciale aujourd’hui, tant par rapport à la crise environnementale que sanitaire. On peut d’ailleurs faire un parallèle intéressant entre ce film et la situation actuelle où il s’agit, pour le moment, de fuir le virus plutôt que de l’affronter.

 

Le vrai regret du spectateur se situe à la fin de la série où le dénouement ne rend pas justice au niveau de la série jusque là puisque ce dernier épisode accumule les incohérences et les contradictions. C’est peut-être un choix délibéré de Netflix afin de laisser la porte ouverte à une suite en cas de succès. Une chose est sure, c’est que Into the Night est un bon divertissement mais n’est pas appelé à avoir un succès international ou à devenir une série de référence dans la mesure où elle finit en queue de poisson.

 

Into the Night, sur Netflix depuis le 1er mai. De Jason George, avec Pauline Etienne, Laurent Capelluto et Stefano Cassetti.

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Mathieu Bonnet
Rédacteur en chef de la Cinemat'HEC pour l'année 2020-2021.

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