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Mindhunter (Saison 1) : des psychopathes un peu ternes…

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La criminalité aux États-Unis a changé. Fini le temps où les criminels tels que Billy the Kid ou Al Capone terrorisaient les populations pour le pouvoir et pour l’argent : voici venu celui des tueurs à la Charles Manson, violents, compulsifs, tuant sans raison apparente. Et le FBI continue, en 1977, à appliquer les anciennes méthodes devenues inadaptées : c’est ce dont se rend compte l’agent Holden Ford, qui commence à s’intéresser au profil de ces nouveaux tueurs.

La série essaie de renouveler un thème traité mille fois : celui des tueurs en série. Et pour le traiter de manière nouvelle, rien de mieux semble-t-il que de redécouvrir le thème à travers les yeux des pionniers du domaine, ceux qui les premiers ont commencé à analyser scientifiquement ce profil d’assassin.

Mais la promesse de renouvellement n’est pas tenue : on retrouve dans la série les mêmes dialogues, les mêmes plans du profileur prenant la pose et un air inspiré pour décrire les linéaments de l’esprit tortueux du tueur en série qu’on a pu voir dans Les experts à Miami.

On trouve cependant une certaine intensité dans les dialogues entre le personnage principal et les tueurs qu’il interviewe en prison dans le cadre de son projet de recherche. Les échanges sont tous différents selon la psychologie du prisonnier, lequel sera réservé ou extraverti, honnête ou mythomane, agressif ou doux comme un agneau, etc. Il faut trouver comment établir le contact pour mener l’interviewé à se confier, et cela est fait de manière intelligente et crédible.

Mais à part ces scènes excitantes, la série est souvent ennuyeuse faute d’un enjeu suffisamment défini. Et pour cause, on a parfois l’impression qu’elle n’a pas grand-chose à dire, et que le réalisateur s’est creusé longuement la tête pour trouver comment remplir les 45 minutes que durent ses épisodes. On a droit à des banalités dans les échanges entre les personnages revenant toujours à « C’est atroce ce qu’ont fait ces assassins, comment pouvons-nous écouter ça ? », « Oui mais en allant les interroger on élabore une méthode pour les repérer et sauver des vies »…

La série tente de donner de l’épaisseur à ses personnages en évoquant leur vie privée. On retrouve à certaines occasions un écho entre la vie sexuelle du personnage avec sa copine et les pulsions des meurtriers interrogés, et les questions sur comment communiquer au sein du couple redoublent celle de « comment communiquer avec un psychopathe ». L’ensemble se prête à creuser les questions de psychologie et de sociologie qui sont au cœur de la série, en les transposant dans un contexte plus rassurant et en étendant la portée du propos. Mais c’est surtout une occasion manquée, et on assiste le plus souvent à des scènes de couple d’une banalité terrible… Le manque d’intérêt culmine avec ces trois longues scènes inexplicables où un personnage donne à manger à un chat sauvage, sans qu’on ne sache jamais pourquoi on nous montre ça.

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