Cinéma

Blade Runner 2049 : Un hommage en demi-teinte…

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Blade Runner 2049 fait partie de ces films qui nous laissent à court de mots… mais pas forcément pour les bonnes raisons. En fait, on ne sait pas trop quoi en penser : il y a du bon, il y a du décevant, il y a du beau, il y a du peu convaincant. Et tout cela abouti à la triste impression d’avoir assisté au dégonflement d’un beau soufflé prometteur.

Ne nous y trompons pas, le film est une merveille esthétique alignant des plans visuellement grandioses, soignés et qui prouvent une nouvelle fois les progrès fulgurants qu’ont fait les effets spéciaux depuis l’homologue de 1982. De ce côté là, aucune déception : le contrat est bien rempli ! Pour la bande originale, aucune surprise non plus. Hans Zimmer a su s’approprier à merveille l’extraordinaire travail de Vangelis qui donnait à Blade Runner premier du nom son cachet si particulier. Les thèmes philosophiques que le premier film avait su aborder sont là : le rapport à la vie et à la mort, à la nature, au réel et à l’humain sont bien approfondis même si on aurait apprécié pousser la réflexion un cran plus loin. On remarquera également l’attachement du réalisateur Denis Villeneuve à rendre compte d’une certaine profondeur émotionnelle du héro K parfaitement interprété par le talentueux Ryan Gosling. 

Et pourtant, on n’est pas satisfait. Quelque chose gêne, quelque chose dérange et je pense que le scénario y est pour quelque chose. Le suspense semble trop simple à percer, la vérité trop évidente. Alors que le film feinte plusieurs fois sa fin lors des 40 dernières minutes, la vraie est sans doute la moins convaincante de toutes. Certains personnages semblent creux et présentent finalement peu d’intérêt (Jared Leto livre ici une piètre performance dans le rôle du grand méchant Wallace, incomparable avec le machiavélique Roy Batty du premier film) tandis que d’autres personnages sont des paris risqués qui se trouvent finalement très réussis même si on regrette encore une fois d’en savoir trop trop rapidement. Enfin, de trop nombreuses pistes sont lancées sans être traitées par la suite, donnant ainsi au spectateur un réel sentiment de frustration à la sortie de la salle.

Ni un chef d’œuvre, ni une suite indigne, Blade Runner 2049 mérite plus le titre d’hommage que de réelle suite à mon sens. Les quelques clins d’œil sont appréciés pour replonger dans cet univers si sombre et lugubre mais le film tombe malheureusement trop souvent dans le cliché et ne parvient pas à retrouver l’atmosphère si unique que le premier film avait su dégager.

6

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