Cinéma

Hostiles : un western classique et réussi…

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Le western, avec son histoire, ses codes et ses poncifs, n’est certainement pas le genre le plus facile à réinventer. Sans pour autant être révolutionnaire, Scott Cooper nous en offre une version émouvante et contemplative, portée par des acteurs convaincants et une photographie virtuose.

Hostiles met en scène le périple du capitaine Joe Blocker, un combattant d’un certain âge, qui a été marqué par sa lutte sanglante contre les Indiens, contraint bien malgré lui à escorter un de ses anciens ennemis jusqu’à la terre de ses ancêtres. Le rythme de l’œuvre alterne avec justesse entre de longs moments de calme relatif et des pics de tension marqués par des explosions de sauvagerie. La bande-son épouse parfaitement ce mouvement en se montrant oppressante au possible lors des attaques de Comanches et apaisante ou élégiaque lorsque cessent les hostilités.

Si l’intrigue est parfois prévisible, Cooper parvient à éviter le manichéisme et l’optimisme aveugle qui pourraient grossir le trait. Les thèmes de la réconciliation et de la rédemption sont au cœur du film, mais ils sont abordés avec une certaine lucidité, dans la mesure où ni les Indiens ni les citoyens de l’Union ne sont exempts de reproches. Au contraire, les actes barbares abondent dans les deux « camps », si tant est qu’on puisse les qualifier ainsi tant ils sont disparates. Le personnage de Blocker, auquel son supérieur rappelle qu’il n’est « pas un ange », mais qui sera finalement qualifié de quelqu’un de bien », incarne cette réflexion sur la rédemption et l’adaptation à une nouvelle époque.

Dans ce rôle de taiseux au passé douloureux, grincheux mais attaché à ses hommes, Christian Bale réalise une performance remarquable. Certains argueront qu’il ne s’écarte guère de ses rôles habituels, mais sa conduite mutique ne l’empêche pas d’exprimer, par son regard et sa gestuelle, les conflits intérieurs et les doutes qui agitent Joe Blocker. Rosamund Pyke, peu en vue depuis Gone Girl, n’a pas une telle aura. Cependant, son interprétation de la douleur d’une femme qui a tout perdu ne manque pas de conviction.

Le film regorge de plans superbes qui montrent la progression de la troupe du Capitaine Blocker sur fond de paysages à couper le souffle et confèrent une grande poésie à l’ensemble. L’image du chef indien qui se sait mourant et contemple le soleil couchant au-dessus des montagnes est véritablement un modèle du genre.

Certes, on peut reprocher à Hostiles quelques lenteurs et une trame classique, mais on ne boude pas son plaisir devant ce tableau qui, en dépit de sa violence, ne manque pas de poésie.

7.5

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