Cinéma

Le voyage du Docteur Dolittle : réenchanter la comédie familiale grâce aux effets spéciaux

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Le docteur Dolittle (Robert Downey Jr), vit en compagnie d’animaux depuis la mort de sa femme. Tout change le jour où pour sauver la reine d’Angleterre, il embarque pour une aventure à l’autre bout de la planète, accompagné par ses amis et son jeune apprenti.

A travers ce film familial le réalisateur Stephen Gaghan aborde les thèmes de l’amitié, de l’amour et de la tolérance. Ils sont certes usuels pour un tel film, cependant le scénario les traite en dépeignant à la perfection l’amitié unissant les animaux. La personnalité de chacun d’entre eux étant bien distincte les dialogues sont savoureux: à la fois surprenants, amusant et touchants. Les animaux se taquinent, se soutiennent dans les moments d’adversité, veillent non seulement les uns sur les autres mais aussi sur le docteur Dolittle. On se surprend alors à se prendre d’affection pour le gorille craintif, l’ours polaire frileux, les singes farceurs, l’écureuil jouant le caïd…

Il convient de souligner que cet attachement aux personnages est dû au formidable travail de John Dykstra (cofondateur de Industrial Light & Magic et double oscarisée), qui a l’habitude d’accorder une importance toute particulière aux plus imperceptibles détails qui rendent un personnage humain. Superviseur des effets spéciaux sur ce film, il effectue une réelle prouesse technique tant les animaux semblent être vivants et se trouver sur le plateau avec les acteurs. Il déclare, par exemple, accorder un soin tout particulier à l’étirement de la peau des personnages sur leurs os, détail infime, qui selon lui fait toute la différence. Ce film est ainsi une prouesse à tous points de vue : tant pour les acteurs qui doivent jouer sans personne pour leur donner la réplique que pour le réalisateur qui doit composer son cadre en imaginant la moitié des personnages.

Le film souffre cependant de quelques défauts. Bien que l’humour soit correctement géré, le rythme général du film apparaît par moments un peu rapide, l’apprenti du docteur Dolittle, personnage auquel le spectateur est censé s’identifier, est relégué au second plan, certaines scènes ont recours à un comique un peu gras, le background des animaux est occulté et surtout le manque de personnages humains en rebutera certains. On peut cependant noter la performance d’acteur de Robert Downey Jr, qui ne cabotine pas dans son habituel personnage de Tony Stark (recyclé dans les Sherlock Holmes de Guy Ritchie) mais joue réellement un misanthrope auquel il ajoute un accent écossais parfois difficilement compréhensible mais rajoutant au charme du personnage.

A part ces quelques maladresses, le film est très bien mené. Il n’en reste pas moins que c’est un produit de commande, il ne porte aucun message particulièrement subversif, et les effets spéciaux sont brillants sans pour autant révolutionner le cinéma comme ont pu le faire Star Wars ou Avatar, le film s’apparente donc plus à un produit commercial qu’à une œuvre d’art. Ne boudons cependant pas notre plaisir de voir un film distrayant, auquel on ne peut pas réellement reprocher de n’être qu’un sympathique divertissement.

Si l’abondance d’effets spéciaux ne vous rebute pas, allez donc voir cette comédie familiale qui, sans avoir la prétention d’être un grand film, saura vous transporter ailleurs durant une heure et quarante et une minutes.

 

Le voyage du docteur Dolittle, de Stephen Gaghan. Avec Robert Downey Jr., Antonio Banderas, Michael Sheen. Sortie le 5/02/2020

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