Cinéma

Viendra le feu : un conte de solitude

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Amador, pyromane ayant purgé une peine de deux ans, sort de prison et rentre dans son village, perdu dans les forêts de Galice. Il y retrouve sa mère, sa ferme et ses vaches, mais il peine à renouer avec la petite communauté qui semble méfiante.

 

Viendra le feu, réalisé par Oliver Laxe, fait partie de ces films qui fascinent autant qu’ils déroutent. On en sort un peu perplexe, impressionné par la force avec laquelle cette histoire est filmée, mais aussi un peu déçu, avec le sentiment d’être en partie abandonné par son réalisateur.

Car Amador reste jusqu’à la fin du film un personnage mystérieux. Rien n’est explicitement dit de son passé, de ses motivations ; et même son présent nous reste étranger, tant ce qui nous est montré n’est que parcellaire. C’est un choix assumé, qu’illustrent les plans qui empêchent de lire les expressions du personnage, inexpressif, mutique, parfois même dos à la caméra. On se voit forcé de chercher des réponses ailleurs, dans les images, les gestes apparemment simples.

Mais dès lors, tout intrigue. Le moindre détail paraît signifiant, la moindre cigarette allumée, du pain qui grille sur un poêle, nous rappellent ce feu que le titre nous fait craindre. Chaque scène paraît chargée de symboles, certains assez explicites, comme la mention des arbres malades rendus néfastes par leur souffrance, d’autres plus opaques. L’ensemble nous maintient dans un état intermédiaire, entre pure fascination pour les images et tentatives d’appréhension de récit, tentatives souvent déçues, au point qu’on en vient à douter : y a-t-il véritablement tant de choses à chercher ?

Et pourtant, le cinéaste parvient à transmettre beaucoup, car cette sobriété scénaristique est accompagnée d’un grand talent de mise en scène. Les paysages de Galice, les forêts et les arbres abattus, les machines, les éléments, prennent vie devant la caméra, tandis que le jeu dépouillé des acteurs parvient à émouvoir dans sa simplicité. Finalement, une certaine alchimie fait vivre le film, à son rythme, dans une attente calme mais inquiète.

7

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