Articles

Hommages et adieux à Agnès Varda

0

Agnès Varda nous a quittés. Personnage unique, haut en couleurs, la seule femme de la nouvelle vague était une réalisatrice prolifique, ayant expérimenté bien des formes de cinéma, fortement influencée par le documentaire et la photographie. De nombreuses émissions de radio, documentaires et autres hommages permettent en ce moment de découvrir ou redécouvrir qui elle était.

Arte diffuse sur son site plusieurs contenus. La Leçon de cinéma qu’Agnès Varda a donnée à la cinémathèque française ; les deux épisodes de son autoportrait Varda par Agnès qui revient sur tout son parcours ; enfin et surtout, deux films apparemment très différents dont l’association s’avère pourtant particulièrement intéressante. L’occasion d’aborder l’œuvre de la cinéaste par des perspectives complémentaires.

Dans Sans Toit Ni Loi, Mona est une sans abri, qui voyage, ou plutôt qui erre, en lutte constante, même avec ceux qui lui viennent en aide. Son itinéraire est celui d’une survie impossible. Le film est presque documentaire, dans sa forme comme dans son propos. Mona parcourt la campagne mais aussi la ville, également crasseuses, hypocrites, d’un réalisme aux couleurs ternes.

Dans Cléo de 5 à 7, Florence, surnommée Cléopâtre, est une chanteuse, belle, coquette. Sa journée se déroule dans la crainte d’une mort qui paraît impossible. Dans le noir et blanc lumineux d’une ville de Paris rendue éclatante, presque onirique, les personnages qu’elle croise sont tous dotés d’un charme empreint de poésie.

Avec ces deux films qu’apparemment tout oppose, Agnès Varda délivre deux portraits de femme qui témoignent de la richesse de son cinéma, de l’originalité et de l’inventivité de son style. Ses deux héroïnes suscitent, chacune à leur manière, le fantasme et le désir. Toutes deux vivent dans un monde paradoxal : Mona ne parle que de liberté, mais elle est prisonnière. Cléo ne parle que de mort, mais elle est si vivante… Le regard d’Agnès Varda, c’est peut-être cette lucidité qui derrière l’illusion de la simplicité sait rendre compte de la complexité du monde.

Grâce à Dieu: La force du témoignage au cœur de la fiction

Previous article

Rebelles : Maquereaux en boîte et biftons en sac

Next article

Comments

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Login/Sign up