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Dario Argento : 2 films pour le découvrir

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Dario Argento, né en 1940 à Rome, est un de ces réalisateurs mythiques que l’on ne présente plus. Bien que scénariste du fameux Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone, c’est en passant à la réalisation qu’il deviendra un réalisateur iconique. Il sera notamment créateur et représentant des films de genre italiens, qualifiés de giallo, avant de se diversifier. Il a également alimenté le renouveau du cinéma d’horreur et du cinéma fantastique dans les années 1970 et 1980. Il ne s’est jamais arrêté de produire et réaliser des films mais son travail a été peu à peu, moins apprécié par le public et par les critiques. Il serait actuellement en pré-production de son prochain film, Occhiali Neri, pour son retour au giallo. Il devrait collaborer avec sa fille Asia Argento pour ce long-métrage.

Suspiria :

1977 / Dario Argento / 1h35 / Horreur

Avec Jessica Harper, Joan Bennett et Stefania Casini.

Synopsis : Une jeune danseuse américaine du nom de Suzy va étudier à Fribourg en Allemagne dans une célèbre académie de danse classique. Elle apprend qu’une élève vient d’être assassinée dans des circonstances horribles la nuit de son arrivée. Peu à peu, elle assiste à des phénomènes étranges qui ne sont pas sans lui rappeler les légendes sur les sorcières qui auraient habité au même endroit auparavant…

À propos du film : Ce film est devenu culte pour de multiples raisons. Le suspense est bien mené et il instaure une ambiance contrairement aux films d’horreur actuels qui reposent simplement sur des jump scare. La photographie de ce film, qui inspira notamment Nicolas Winding Refn pour The Neon Demon en 2016, est tout à fait exceptionnelle et novatrice. Le film se concentre sur les teintes de rouge et de bleu afin de mettre en valeur les silhouettes des acteurs sans surcharger l’image. Malgré ce minimalisme assumé, Argento verse parfois dans le gore mais évite le repoussant et garde une certaine mesure. On ne peut aborder Suspiria sans parler de la bande originale du film, interprétée par le groupe de rock Goblin, qui emprunte à la musique de Rosemary’s Baby son univers mais va encore plus loin en utilisant des voix qui chuchotent et psalmodient. Cette musique est parfaitement utilisée dans le film et lui donne de la crédibilité car le décor de carton pâte est parfois assez kitsch. Néanmoins c’est, à mon sens, voulu et cela permet de transporter le spectateur et de le détacher de sa réalité afin de le plonger dans l’intrigue du film.

 

L’Oiseau au plumage de cristal :

1970 / Dario Argento / 1h 32 / Giallo

Avec Tony Musante, Suzy Kendall.

 Synopsis : Un écrivain américain, nommé Sam Dalmas, que rien ne prédestinait à jouer les investigateurs, est témoin d’une agression à Rome. Tout en étant au service de la police, il mène sa propre enquête afin de découvrir qui se trouve derrière la cagoule du criminel.

À propos du film : Très différent de Suspiria, ce film est le giallo par excellence. Ce genre constitue la plus grande partie de l’œuvre de Dario Argento. Le giallo est un thriller qui fait du suspense une arme aussi acérée que celle dont se sert le tueur pour assassiner ses proies. Le criminel est le véritable personnage principal du film tout en étant très peu visible à l’écran. Le héros, au contraire, est omniprésent et fait face à une situation qui le menace et est poursuivi par ce tueur que l’on reconnaît à ses gants noirs et à sa lame brillante. On ne connaîtra l’identité de cet homme, généralement fou, qu’au cours des dernières minutes du film. Cette identité est, bien sûr, aussi brouillée que possible. Dans le cadre de L’Oiseau au plumage de cristal, les procédés du giallo sont tout à fait respectés et le suspense est de mise. Une fois encore, le génie de Dario Argento se situe dans des cadrages très travaillés et un montage efficace qui permet de mettre le spectateur en haleine. Plus réaliste que Suspiria, c’est cette fois par l’empathie que l’on a envers Sam Dalmas que le film nous intéresse.

Mathieu Bonnet
Rédacteur en chef de la Cinemat'HEC pour l'année 2020-2021.

    Une Ombre bien pesante

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    Tout simplement juste

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